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Notre histoire

1896-1939

Paul Moulia naît à Orthez en 1858. Cadet de trois frères issus d’une famille modeste, il fait son apprentissage dans l’atelier de l’imprimeur Émile Faget où il se lie d’amitié avec Hippolyte-Albert Grandperrin, également apprenti. Lorsqu’ils quittent l’atelier d’Émile Faget dans les années 1890, les deux hommes ont un projet commun : créer, après les Démocrate et autres Mercure d’Orthez, un nouvel hebdomadaire consacré à la vie locale. C’est à cette fin qu’ils s’associent et fondent, en 1896, l’Imprimerie Nouvelle orthézienne qui porte leurs noms.

L’imprimerie Moulia & Grandperrin ouvre ses portes le 1er avril 1896, au numéro 2 de l’avenue de la Moutète. Moins d’un an après paraît le premier numéro du journal dont avaient rêvé ses fondateurs : Le Franc-Parler (dont le titre devait devenir, à partir de 1898, Le Franc-Parler des Amis de l’Agriculteur, puis, par la suite, Le Franc-Parler des Amis de l’Agriculture). L’actualité locale, politique, artistique et littéraire, y côtoie les hauts faits de l’actualité internationale de l’époque. Des Orthéziens célèbres ont laissé leurs noms au bas des colonnes de ce journal : Louis Batcave, Paul Lacoste, Ulysse Lasserre-Capdeville, pour ne citer qu’eux. Édouard Moulia aussi, mais nous y reviendrons.

Des premières années de l’imprimerie Moulia & Grandperrin, nous ne savons, somme toute, que peu de choses. L’entreprise se développe normalement grâce au Franc-Parler dont les ventes progressent régulièrement. Les publications – en béarnais le plus souvent – sont nombreuses et variées, mais la publication hebdomadaire du journal (dont la composition se fait à la main) semble être la principale occupation de l’atelier. En outre, et comme c’est le cas le plus souvent à l’époque, l’imprimerie abrite un espace dédié à la vente de papier, d’articles de bureau et de livres. Bientôt, les locaux de l’avenue de la Moutète deviennent trop exigus et mal commodes, et l’imprimerie est transférée dans un immeuble situé à l’angle de la rue Pelains et de la place Marcadieu (à l’actuel emplacement du Crédit Lyonnais) dans la semaine du 10 au 17 février 1903. Elle y restera près de neuf années.

En 1912, le 1er février, nouveau transfert. L’imprimerie s’installe au numéro 11 de la rue de l’Horloge. En avril 1913, Paul Moulia et Hippolyte Grandperrin, fondent à Salies une imprimerie dont la raison principale est la publication d’un hebdomadaire auquel elle emprunte son nom : L’Avenir de Salies. Les fils de Paul Moulia, Édouard et Alfred (peut-être aussi leur frère Joseph) s’occupent de l’affaire. Mais, en bute à une situation financière délicate dans une conjoncture qui ne l’est pas moins (c’est la guerre…), l’imprimerie de L’Avenir de Salies ferme ses portes aux alentours de 1923 (?), après dix ans de lutte pour la maintenir. Alfred est mort en 1918, Joseph le suit de près en 1922. En mars 1924, Paul Moulia meurt subitement à l’âge de 65 ans. Hippolyte Grandperrin se retrouve seul. En juillet de la même année, il cède ses parts à Édouard Moulia, l’aîné des fils de son ami, le seul encore en vie, et se retire après 28 ans de travail et de lutte acharnée. Une époque nouvelle commence.

Édouard Moulia est un personnage déjà bien connu des Orthéziens lorsqu’il prend la direction de l’imprimerie ce mois de juillet 1924. Les articles fortement politisés, malicieux et mordants, qu’il publie dans le Franc-Parler lui attirent autant d’amis que d’ennemis. Mais ses pièces béarnaises (Yan de Latuque, Yan de Laplane…) et son recueil de souvenirs de la Grande Guerre (Lou Matricule 1628 péndén la guerre) publiés par ses soins, font l’unanimité. Seul maître désormais des destinées de l’entreprise, Édouard Moulia s’installe au 18, rue de l’Horloge (actuel numéro 3) dans la semaine du 10 au 17 décembre 1929. C’est là que se trouvait l’imprimerie lorsqu’il meurt, âgé d’à peine cinquante ans, en 1939. C’est là qu’elle se trouvait encore il y a peu. Mais le Franc-Parler a disparu avec lui.

1939-1997

Après la mort de son époux, Geneviève Moulia s’occupe de l’affaire, soutenue par ses enfants, surtout par l’aîné, Paul, alors âgé de 17 ans. C’est à nouveau la guerre. L’imprimerie survit, mais ce n’est pas sans mal.

En 1948, Paul prend la direction de la société aidé par ses frères Jacques et François. Comme pour de nombreuses entreprises, la reprise de l’activité professionnelle après le deuxième conflit mondial s’avère laborieuse. Le travail d’imprimerie se fait rare et les locaux, vétustes, sont parcourus de fils électriques et d’isolateurs redoutables. Mais bientôt, de profonds changements allaient se faire sentir. La composition manuelle, mobilisant jusqu’alors une quinzaine d’ouvriers, allait être remplacée par une machine permettant d’augmenter sensiblement la production et de faciliter la tâche des imprimeurs de l’époque. Ce fut la Simplex, bientôt supplantée par la Klichograph, plus performante (l’opérateur se trouvait alors debout devant son clavier). Mais c’est la Simplex, première machine à fabriquer des « lignes-bloc », qui est à l’origine de l’évolution de la maison Moulia. Après un sondage effectué auprès de relations et amis de la famille, les frères Moulia, décident de lancer sur la place d’Orthez un nouvel hebdomadaire. Le 1er juin 1948 « sort » le premier numéro de L’Écho Béarnais (la paternité du titre revient à Henri Moulia, troisième dans la lignée des quatre fils d’Édouard).

La découverte d’un gisement de gaz naturel à Lacq en 1949, puis l’exploitation du site à partir de 1951, devaient doper l’économie de la région et offrir un nouveau marché aux industries du département. Comme beaucoup, l’imprimerie sut profiter des opportunités nées de cette période d’expansion : les ouvriers travaillent autant que le permettent les structures de l’époque et les machines tournent sans relâche. En 1961, une nouvelle machine , la Linotype, fait son entrée dans l’entreprise, remplaçant ainsi la vieille Klichograph devenue obsolète. La transformation des locaux ajoutée à la modernisation du matériel donne un nouvel essor à la société. Les temps de composition et d’impression sont divisés par 2. Dix ans plus tard, en décembre 1971, Paul Moulia meurt subitement, laissant à son frère François la charge de diriger seul une société pour laquelle il avait tant fait. La décennie qui s’annonce porte la marque d’une autonomie de production sans cesse recherchée. Investissant dans du matériel offset performant, toutes les étapes de la chaîne graphique sont bientôt maîtrisées. Dans les années 80, Philippe et Jean-François Moulia, les plus âgés des trois fils de François, rejoignent leur père afin de le soulager d’une partie de ses obligations et l’aider à préparer le futur de l’entreprise. L’informatique est omniprésente. De nouvelles possibilités de composition et d’édition au service d’un outil d’impression cohérent annoncent désormais ce que sera demain.

Depuis 1997

Philippe et Jean-François Moulia assument aujourd’hui la direction de l’imprimerie familiale. À eux, quatrième génération sur les traces de Gutenberg, de mener à bien les évolutions nécessaires et les challenges du futur : « Si la qualité de la chose imprimée reste notre préoccupation essentielle, c’est grâce à ceux qui nous ont précédés. C’est à eux que nous le devons. Respecter les règles, parfois complexes, qui font la spécificité du métier d’imprimeur, ne doit pas pour autant nous empêcher de rester attentifs à l’évolution technologique qui, surtout à l’heure actuelle, pousse notre métier et lui fait connaître des accélérations parfois violentes. Mais, ne dit-on pas que « celui qui n’avance pas recule » ? Nous voilà donc embarqués dans une nouvelle aventure. Une de plus ! Ce que sera demain se résume dans notre volonté de ne jamais déroger aux impératifs constants de performance et de qualité. Pour reprendre une expression trop souvent galvaudée, à nous de prouver, à chaque instant, que tout est possible ! L’imprimerie est un métier d’avenir, c’est notre intime conviction. Avoir la prétention de réussir, dans une période difficile comme celle que nous vivons, c’est oser être optimiste. Si ce n’est pas le cas, alors pas la peine d’aller plus loin… Avoir du caractère et faire bonne impression sont les marques de notre profession. Notre équipe l’a compris avec nous. Alors, à très bientôt de vous en faire profiter ! »